Présentation

Bienvenue chez nous!

aBienvenue sur le blog des Zauvergnats!

Notre petite famille, composée de Raph, (le papa), Magali (la maman) et Marie (notre amour de fille) est heureuse de vous accueillir à La Maison des Poules et des Lapins.
A travers nos histoires de vie, écrits, recettes, photos et lectures, nous vous convions à un doux voyage en Livradois Forez, au coeur de l'Auvergne.

Entrez dans notre univers fait de petits bonheurs et de joies simples, et venez partager avec nous, notre amour de la Vie, de la Terre, des hommes et femmes qui la travaillent....

N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques, suggestions et commentaires !
Bonne lecture à tous et à toutes !
 

Derniers Commentaires

Profil

  • : Les Zauvergnats, Magali, Raph et Marie
  • chroniqueszauvergnates
  • : Femme
  • : 01/11/1971
  • : France Auvergne Puy de Dôme Ferme Livradois Forez
  • : Crocq' la Vie! Le bonheur se délecte de petits moments volés à la morosité ambiante, et moi, j'aime ça !

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Citation du moment

 

Il n'y a pas de bonne cuisine si au départ 
elle n'est pas faite par amitié 
pour celui ou celle à qui elle est destinée.

Paul Bocuse
Janvier 1976

Le rituel est immuable. Il est en marche déjà depuis quelques jours, « on » y pense et le prépare dans le plus grand secret, pour que la surprise soit totale bien évidemment.

 

Ce matin là, je ne me lève pas.

« Maman, demain tu te reposes ! » a décrété ma fille dans sa grande mansuétude, me permettant ainsi une grasse matinée , il est vrai bien rare depuis que je suis devenue sa mère.

 

Alors, je suis restée dans mon lit, sous la  couette à la douce chaleur ronronnante, lovée dans une torpeur bienfaisante, yeux mi-clos, esprit vagabond, une main sous ma joue, un sourire de contentement aux lèvres.

 

J’ai entendu des petits pas de souris descendre discrètement au salon, senti le Papa de ma fille se lever promptement, gardé les paupières baissées, en gage de docilité ensommeillée, et ai écouté les bruits de la maison qui s’éveillait gaiement.

 

Un chuchotement, des pas de velours, un petit rire, je reste allongée et goûte à la mélodie des préparatifs. Ici une tasse ou un verre qui sonne, une odeur de pain grillé, des va et viens assourdis, la cafetière qui gargouille, une porte qui s’ouvre et se ferme, on murmure, pas d’éclats de voix, chut, maman dort encore.

 

Je frôle dans un lent mouvement la douceur ouaté du drap qui glisse sur mes pieds, découvre un recoin très frais tout au fond du lit et me recroqueville dans mon espace climatisé à la juste température de ma langueur, mes idées s’égarent, errent sans but précis.

 

Une pensée sur l’origine de cette fête m’irrite un peu. Au diable Pétain et ses sbires, aujourd’hui ma conscience de citoyenne s’efface lâchement devant les yeux pétillants de ma fille qui me découvriront tout à l’heure presque encore endormie pour de vrai.

 

Je préfère penser à l’excitation d’une enfant de cinq ans qui s’émerveille de cette journée tant attendue, qui a créé de ses menottes un objet aux couleurs invraisemblables, rien que pour sa maman, et qui devient la complice de son papa pour quelques heures particulières.

 

Je profite de ces derniers instants de repos.

Bientôt, je vais entendre les mêmes pas de souris monter l’escalier, la porte de la chambre s’ouvrira, Marie s’approchera en laissant échapper un petit rire pointu signal du réveil,  la lampe de chevet initiera le début de la cérémonie du lever, suivie par les volets que l’on entrouvre, Papa Raph portera le plateau du petit déjeuner avec café au lait, jus de fruits, toasts, beurre et confiture agencés de manière à laisser tout de même la place pour la rose ou la branche de lilas cueillie au jardin ce matin, je me redresserai et d’un immense sourire de maman comblée, remercierai pour ce repas de reine, jusqu’à ce que Marie n’y tenant plus, lance un tonitruant :

« Bonne fête Maman ! » et m’offre le cadeau préparé avec tant d’amour.

 



Encore quelques secondes….



Tip tap, tip tap, il est l’heure.


Tip tap tip tap, l’escalier grince juste assez pour que mon cœur se gonfle de bonheur.


C’était un week-end de mai, du joli mois de mai, une fin de semaine ensoleillée, rieuse et gaie, une de celle que l’on a envie de partager, en famille, ensemble, autour d’un bon repas, un verre pris le coude sur un comptoir, bavardant, entre rires et yeux pétillants.

 

C’était le week-end du 10 mai, et cette fin de semaine là, nous nous sommes tous retrouvés, autour d’un bon repas, un verre pris au zinc juste avant, les enfants riant de toutes leurs quenottes, les mamans papotant, les papas devisant gaiement, et surtout, nos regards tous tournés vers ce mur immense, ce mur si grand, si long, où se trouvait accroché un arbre de famille extraordinaire.

 

Nous étions presque tous les là, cousins issus de la lignée de Théophile Salvan, mon arrière grand-père, aux nombreux enfants dont la descendance ne fut pas moins prolifique.

Cent quatre vingt cousins, réunis pour une cousinade, une de celles dont on rêve et qui fut enfin réalité.

 

La plus âgée de nous se vit remettre un bouquet tandis que les bébés de quelques mois à peine étaient bercés par leurs mères attendries.

La génération de mon  père retrouva ses cousins de jeunesse et on crut un temps qu’ils allaient galopiner comme autre fois dans nos villages de Lozère.

La mienne tentait d’expliquer à ses enfants qui était qui,  avec le soutien constant des branches chargées de cet arbre plus que centenaire.

 

J’approchais à mon tour de Marie, et la pris dans mes bras.

« Tu vois ma chérie, tous ces gens ici, tous, c’est TA famille »

« Tous ? «  s’écria-t-elle sidérée.

« Tous, oui, nous sommes tous cousins, tous nous sommes là parce qu’un jour, il y a très longtemps, mon arrière grand-père, le papi de Papi Denis se maria avec Anaïs et eu des enfants, qui eurent à leur tour des enfants, et la vie continua, et nous sommes tous là, et tu es là, toi, l’arrière arrière petite fille de Théophile. »

Marie me serra fort contre elle et me sourit, ravie de cette belle histoire puis repartit jouer avec ses nombreux et nouveaux cousins.

 

Je détournai quelques instants le regard, émue de voir mon enfant au teint de pêche, aux si jolis yeux en amande, s’installer dans sa famille avec tant de joie et de simplicité.

 

Tout au bout d’une branche, elle est là, ma fille, Marie, portant un des prénoms de son arrière grand-mère, et demain, à son tour, viendront j’espère d’elle, d’autres petites pousses , dans la continuité d’une longue et merveilleuse famille.

 

Que Magali et Benoît mes cousins soient remerciés pour cette superbe cousinade qui nous réunit tous ce samedi 10 mai.

 

 

 

La suite, je l’espère, en juillet, avec la création du blog de la cousinade ! 

Les vacances d’Avril se sont terminées sous un soleil coquin qui jouait à faire cligner nos yeux depuis bien trop longtemps habitués à la grisaille.

 

Ce fut un beau dimanche, de ceux que l’on passe avec plaisir à travailler dehors, se chauffant les os sous cette douce caresse  que prodiguent les rayons de l’astre de vie

.

Une journée de premier barbecue, première salade et café sur la table de pierre du jardin, vieille meule de moulin récupérée autrefois et  plantée fièrement sur un pied de béton assez solide pour la soutenir, et y inviter six à huit convives par beau temps.

 

Un jour à créer un petit banc de pierres bientôt couronné d’une arche où viendra s’installer un rosier grimpant, rejeton sauvage d’anciens églantiers plantés le long d’un mur de grange.

 

Pour ce faire, il nous fallait bouger des gros pavés de granit entreposés devant un muret, et n’en garder que peu, indispensables à la construction de notre banquette rustique.

 

Armés de nos bras, d’une pioche, une barre de fer, et de tout notre souffle, nous commençâmes à dégager le petit mur, pierre après pierre, caillou après caillou, lorsque soudain, nous aperçûmes un escargot, caché bien à l’ombre, lové dans un creux humide, tout recroquevillé dans sa coquille.

 

Marie s’exclama qu’il nous fallait préserver ces gastéropodes amis, et décréta tout de go, que commençait le sauvetage des escargots.

 

Papa Raph trouva deux tubes de tuile fort à propos, et les disposa de l’autre côté du muret, entre deux groseilliers noirs,  et aisément accessibles à Marie, qui entama alors de fréquents déplacements pour créer son arche pour escargots.

 

Dès que l’un d’eux montrait le bout de ses antennes, nous appelions la secouriste animalière qui se saisissait alors délicatement du gentil mollusque, l’emmenait jusqu’à sa maison d’argile, et lui apportait quelques brins d’herbe coupée afin de sustenter son ami qui après tant d’émotions, se devait de recouvrer rapidement des forces.

 

A chaque pierre, nous retenions notre souffle, retournions avec mille précaution des dizaines kilos de granit comme de pures sculptures de cristal, mortifiés à l’idée d’écraser par mégarde une maisonnette hélicoïdale encore occupée par son habitant.

 

Mais il n’en fut rien.

 

En fin d’après midi, nous avions sauvé tous les escargots et construit notre petit banc de pierres, où Marie pu se reposer quelques instants, son devoir accompli.

 

Et c’est ainsi que se déroula un incroyable sauvetage d’escargots à La Maison des Poules et des Lapins, un dimanche d’avril de l’an 2008, entre soleil et rires de Marie.





 

 

 

 

 

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus