Les vacances d’Avril se sont terminées sous un soleil coquin qui jouait à faire cligner nos yeux depuis bien trop longtemps habitués à la grisaille.
Ce fut un beau dimanche, de ceux que l’on passe avec plaisir à travailler dehors, se chauffant les os sous cette douce caresse que prodiguent les rayons de l’astre de vie
.
Une journée de premier barbecue, première salade et café sur la table de pierre du jardin, vieille meule de moulin récupérée autrefois et plantée fièrement sur un pied de béton assez solide pour la soutenir, et y inviter six à huit convives par beau temps.
Un jour à créer un petit banc de pierres bientôt couronné d’une arche où viendra s’installer un rosier grimpant, rejeton sauvage d’anciens églantiers plantés le long d’un mur de grange.
Pour ce faire, il nous fallait bouger des gros pavés de granit entreposés devant un muret, et n’en garder que peu, indispensables à la construction de notre banquette rustique.
Armés de nos bras, d’une pioche, une barre de fer, et de tout notre souffle, nous commençâmes à dégager le petit mur, pierre après pierre, caillou après caillou, lorsque soudain, nous aperçûmes un escargot, caché bien à l’ombre, lové dans un creux humide, tout recroquevillé dans sa coquille.
Marie s’exclama qu’il nous fallait préserver ces gastéropodes amis, et décréta tout de go, que commençait le sauvetage des escargots.
Papa Raph trouva deux tubes de tuile fort à propos, et les disposa de l’autre côté du muret, entre deux groseilliers noirs, et aisément accessibles à Marie, qui entama alors de fréquents déplacements pour créer son arche pour escargots.
Dès que l’un d’eux montrait le bout de ses antennes, nous appelions la secouriste animalière qui se saisissait alors délicatement du gentil mollusque, l’emmenait jusqu’à sa maison d’argile, et lui apportait quelques brins d’herbe coupée afin de sustenter son ami qui après tant d’émotions, se devait de recouvrer rapidement des forces.
A chaque pierre, nous retenions notre souffle, retournions avec mille précaution des dizaines kilos de granit comme de pures sculptures de cristal, mortifiés à l’idée d’écraser par mégarde une maisonnette hélicoïdale encore occupée par son habitant.
Mais il n’en fut rien.
En fin d’après midi, nous avions sauvé tous les escargots et construit notre petit banc de pierres, où Marie pu se reposer quelques instants, son devoir accompli.
Et c’est ainsi que se déroula un incroyable
sauvetage d’escargots à La Maison des Poules et des Lapins, un dimanche d’avril de l’an 2008, entre soleil et rires de Marie.
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